Au cœur du Parc national de la Jacques-Cartier,
l’eau s’écoule lentement, presque en silence.
Elle ne cherche pas à aller plus vite.
Elle avance, simplement, contournant la pierre,
s’attardant parfois, puis reprenant son chemin,
avec une patience que rien ne semble pouvoir altérer.
Ici, le temps ne disparaît pas —
il s’étire.
Il devient plus doux, plus vaste,
comme une pause entre deux départs.
Il me rappelle ces ruisseaux aperçus ailleurs,
sur les sentiers de La Réunion,
où l’on marche sans vraiment chercher à arriver.
Les mêmes pierres,
le même murmure,
cette même sensation que tout continue,
lentement, sûrement.
Et dans ce mouvement discret,
quelque chose en nous apprend à attendre sans impatience,
à laisser venir ce qui doit venir.
Comme l’eau,
qui ne s’arrête jamais,
même lorsqu’elle semble immobile.